Installation inspirante!

Le long de la 20 en passant par la 15
de Jonathan Villeneuve, à la Chambre Blanche

Faire la Vague from Perte de Signal on Vimeo.

Mouvement, son, lumière: tout se conjugue avec un bel équilibre dans cette installation. D’emblée, la pièce est sombre, emplie de son de grincements, avec une projection vidéo de petit format au fond, qui présente un jouet d’enfant à manivelle en bois, avec des petits bateaux qui montent et descendent au rythme du mécanisme. Quand on s’approche de la projection, un détecteur de mouvement déclenche l’ouverture des lumières. Instant magique! Les 2X4 bruts prennent vie. Le faux mur devient une barrière mouvante, un décor de cinéma, une représentation.

Les longues planches forment une vague sonore donc chaque craquement, chaque crissement possède à la fois individualité et similitude. Une harmonie forte s’en dégage: c’est une musique de bois, vivante, comme les murs ou les planchers d’une vieille maison.

Mouvement De Masse from Perte de Signal on Vimeo.

À travers les planches, un puissant éclairage au néon révèle un champs de roseaux agités par un vent silencieux. Cet éclairage très brutal donne une impression d’altérité forte: voyage, paysage entraperçu par la fenêtre d’une voiture ou d’un autobus, cliché pris sur le vif, sans balance des blancs. La juxtaposition des mouvements horizontaux des roseaux et verticaux des planches de l' »instrument de bois » s’interpellent et se répondent avec une forte résonance, et l’impressions qu’on ressent quand on y baigne est très forte: mélange de nostalgie, d’impressions de voyage, bercement, retour aux sources…

Les mécanismes laissés à voir ajoutent au plaisir de découvrir l’oeuvre et de s’approprier le « comment »… Mais bien dosé: du coté vague, on est dans le voyage, et du coté roseau, on est dans l’envers du décor.

La petite vidéo qui document l’inspiration de la vague, celle qui nous attire en début de jeu, n’ajoute finalement qu’un petit peu: l’idée de l’eau, du navire, de l’ancrage en port de mer… Mais ce n’est pas ce qui fait la force de l’installation, c’est plutôt comme un petit détour, une phrase à coté, anecdotique. Bien plus faible finalement que l’immense instrument de bois, et le champs de roseaux mouvants qui emplissent la galerie et transportent le spectateur dans un autre lieu, une autre temps, un autre état d’être.

Bravo donc à Jonathan et à la Chambre Blanche!

…jusqu’au 17 avril!

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