Je lis plus vite que j’écris… encore!

Ces dernières semaines, je lisais Ysabel et la trilogie de La Tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay. C’est un auteur de fantasy que j’adore, et deux très bons sites lui sont consacrés: le site de Penguin Group et surtout le site officiel Bright Weavings. Même si elles ont été écrites à quelques années d’intervalles, ces histoires sont très liées, non seulement par les personnages mis en scène mais aussi par le type d’histoire.

Le mélange entre le monde tel qu’on le connaît et le monde fantastique est mené de main de maître: le fragile équilibre est maintenu pour qu’on y croit de bout en bout. Ysabel est particulièrement réussi à ce niveau. En plus, et ce qui est non négligeable, l’histoire tient dans un seul livre. Ça fait du bien d’avoir un sentiment de « closure » sans avoir à attendre les autres volumes. Il n’y avait plus que le tome 1 de Fionavar chez Pantoute, et j’ai dû attendre une dizaine de jours  les deux autres livres avant de me replonger dedans. J’ai lu Ysabel entre-temps…

Le plaisir donc de lire Kay réside dans les images précises, qui évoquent des ambiances inquiétantes, envoûtantes, juste assez étranges pour qu’on s’attende à tout… Dans Ysabel, je retiens la course en provence, vers une tour abandonnée, de nuit, avec le coeur qui bat, les fantômes qui rôdent… Et aussi la scène finale, dans la grotte, j’ai un faible pour les grottes et la lumière glauque qui y pénètre. De la Tapisserie, le lac sous la pleine lune, et aussi la forêt ancienne, qui garde la mémoire des personnages mythiques qu’elle a abrité. Mélange des dieux, des fantômes, des mémoires et des humains qui vivent leur temps comme ils peuvent, faisant de leur mieux avec les épreuves qu’ils ont à traverser. Il y a une forte parenté avec Tolkien dans ce thème, comme dans l’impression de nostalgie et de romantisme qui flotte au gré des pages, musique des mots, des ambiances, poésie aussi. Une chanson ou une danse viennent souvent ponctuer le récit, moins pompeux chez Kay, plus vivants, puisque la danse ou la chanson n’y sont pas décrites, mais évoquées; pas rapportées textuellement, mais « vécues » par les personnages, que ce soit dans les jeux des sonneries de cellulaire ou dans la musique du Ipod juxtaposée aux lieux dans Ysabel, ou bien dans les rituels du monde de Fionavar, tels que les cérémonies des Paraikos ou les danses des nomades.

Mais Kay se détache aussi de Tolkien par le réalisme de son univers, de ses univers plutôt. Pas de créatures fantastiques à foison, mais juste une. Une, mais devant laquelle on tremble, à genoux, ébahis; on est en présence de Surnaturel, de ce qui est au-dessus de nous, plus grand, plus puissant, plus tout, mais nous (pauvre humains!) y avons accès, nous en faisons partie, de cette Sur Nature, parce que nous avons la mémoire, l’amour, la foi (ou la confiance en l’autre, que cet autre soit humain ou divin).

Bref, mon objectif, c’est d’écrire comme lui. Ça a le mérite d’être clair, non? Je me demande dans quel autre univers il va me transporter ensuite… (Après la Chine de Under Heaven, et le monde de Fionavar… Je me demande sur quoi il travaille? Après les romains, les byzantins, les arabes, les français, les vikings du Moyen Âge… )

En attendant, je vais faire un tour du côté de La Nouvelle-Orléans de Poppy Z Brite. C’est très cool! Il y a de l’alcool, de la bouffe, des restaurants, un couple de cuisiniers fauchés, un gérant jaloux, un drôle de magnat/pourvoyeur et la mémoire d’un meurtre! Avant Alcool, je n’avais lu que Âmes Perdues de Brite, mais je la reconnais très bien ici. Ce n’est qu’une traduction, mais l’ambiance de la Nouvelle-Orléans m’est comme familière: je suis devenue une « locale »! Poppy a une fascination pour les couples gays, il y a quelque chose de très séduisant dans la manière dont elle les écrit: ils ne sont pas efféminés, pas caricaturaux. Marginaux, mais naturels, hommes! Je suis attirée par les hommes, et donc, je me dis, si j’étais un gars, je serais probablement gai… Donc, sans doute que c’est plus facile pour elle d’écrire de la séduction des beaux gars (et des moins beaux, mais plus troubles) que les relations féminines. Mais ça n’a peut-être aucun rapport! N’empêche, c’est très relaxant comme lecture, quoique les énumérations de menus et d’aliments sont un peu nombreuses et un peu longues. La sensualité y perd, noyée par un trop plein de repas gargantuesques, bien arrosés de tous les alcools imaginables. (Je dois lire trop vite, à la longue je perd l’appétit!) il me reste une dizaine de pages, puis je pars en vacances avec Neil Gaïman (dont j’ai lu quelques nouvelles dans Solaris), Silverberg et Champetier (La mémoire du lac).

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