Exposition à Toronto – Nuit Blanche et impressions

avant la Nuit...
Jusqu’au 15 octobre, Petites incursions entre les ailes des fées est présentée à Toronto, au 401 Richmond Street West, dans la galerie du WARC.
interaction & jeu

Pendant la Nuit Blanche, j’en ai profité pour aller rencontrer le public, et voir les réactions face à mon travail…

interactions multiples

Le public se rend souvent directement à la troisième projection, histoire d’essayer les interactions.
Interaction

silhouettes du public

Partie très appréciée, qui suscite commentaires positifs, et beaucoup de plaisir pour les spectateurs.

Le jeu

Quant aux enfants, surtout tard le soir, ils comprennent le but de la danse: plus on bouge, plus on se voit!

Ensuite, avec quelques explications sur le concept de l’oeuvre, les gens prennent le temps d’apprécier les autres images, plus oniriques, et irréelles. La peur/inconscient est la partie la moins « prenante », je dois penser à une autre manière de présenter ces projections. le premier concept avait l’avantage de « forcer » le passage à travers les trois écrans. Reste à positionner le second projecteur de manière à obtenir la meilleure deuxième salle possible.

le public devant mon oeuvre
La première salle n,est pas installée de manière optimale au WARC, c’était beaucoup plus efficace à La Chambre Blanche: la projection formait une véritable ‘porte’ vers le subconscient et les fées…
Nature

Lien vers la galerie du WARC

Cinélive

Cinélive interactif

J’aime:

Fred Lebrasseur sur scène, la communication entre lui, les autre musiciens et John Blouin. Fred Lebrasseur maître du public, chef d’orchestre qui dirige une meute indisciplinée, ivre et « en business ». J’aime le contraste entre l’homme à barbe/ chapeau style brun et la foule qu’il a à diriger, jusqu’à lui faire imiter la jungle, mine de rien, comme il s’il dirigeait un troupeau d’enfants pendant la semaine de relâche (pareil).

J’aime la musique libre, le flux d’images qui nourrit les ondes sonores qui influencent (idéalement) les images… J’aime le son des projecteurs film ( on aurait pu en prendre plus et plus! bruit de mécanismes, de roues, de film qui se défile, qui s’enroule au bout de sa bobine, image qui passe au blanc, à la lumière…).

J’aime Andrée Bilodeau les yeux fixés sur l’écran, qui suit la lumière au bout de ses doigts, qui lit l’écran comme une partition sensible. J’aime son violon à l’écoute, tantôt rythme tantôt plainte, en symbiose.

J’aime les doigts de René Lussier qui vibrent en attendant la nute où ils peuvent enfin prendre leur essor, glisser le long des codent et placer leur exclamation au dessus du point.

J’aime la lumière des projecteurs, les silhouettes qui se recoupent et qui s’embrassent, floues et définies, comme des vaisseaux sanguins qui répondent aux battements d’un coeur.

J’aime le coup d’oeil échangé entre John et Fred, harmonique.

J’aime aussi le jeu de la messagerie, petites blagues photographiques et textuelles lancées comme au hasard, cadavre exquis survenant à l’écran comme un happening retrouvé.

Je n’aime pas:
la fausse interactivité – je ne suis créatrice de rien, sans outil et sans moyen – je suis spectatrice, sans téléphone intelligent. Et même si j,en avait un, mes images ne se seraient pas rendues jusqu’aux musiciens, puisqu’ils improvisent sur des images choisies par le projectionniste.

Ce que j’aurais aimé:
Avoir les mains dedans, mettre de la couleur, tirer sur le film, jouer de la bobine ou du micro.
Mais non, on ne peut pas faire ça quand c’est l’oeuvre d’un autre.

Une chance que j’ai un kodack dans les mains demain!

Liens pour John Blouin (projo): sur youtube et SAT
Lien pour Fred: MySpace

Marc Mercier chez Vidéo Femmes

Quelques réflexions à la suite du 5 à 7 d’hier…

10 vidéo récents réalisés par des femmes, d’un peu partout dans le monde étaient présentés, dans un programme choisi par Marc Mercier des Instants Vidéos numériques et poétiques.

Ma première constatation, c’est que le traitement sonore des oeuvres présentées hier est très minimal. Le silence, le son direct, peu manipulé, peu de voix… La prise de parole se fait dans le texte, le mot écrit à l’écran, dans le geste performatif, mais pas par le son.

Real Snow White de Pilvi Takala ouvrait avec brio la soirée. Un document qui questionne avec simplicité mais efficacité la réalité des personnages, dans un sens très concret. Le déguisement, anodin chez les enfants, devient dangereux, subversif lorsque porté par un adulte… Un caméra à la cinéma direct, simple témoin des événements. Un montage simple, sans commentaires, sans musique, à peine quelques ellipses: la place est laissée entièrement au sujet.

Taste, de Maarit Murka en a choqué quelques unes. Quant à moi, je l’ai trouvé superbe. Encore une fois, pratiquement pas de montage, le temps est linéaire, le son minimal, le sujet est à l’avant-plan. La relation entre le médium et l’artiste, la représentation et son sujet, la transformation qui s’opère simultanément sur l’un et l’autre au fil d’une relation intense, physique… Les gros plan sur la langue, la toile et la peinture humide accentuent le ressenti du spectateur: je goûtais la peinture, je sentais la rugosité de la toile sous ma langue, la viscosité de la peinture. La transformation du portrait réaliste en tableau organique marque l’artiste physiquement, elle ressemble à son portait après que le portrait lui ait ressemblé… Bref, très efficace et porteur de sens pour moi.

A Silent Conversation in Dubaï de Laila Masri et Anabelle Bodington

Vidéo performance, qui roule en boucle en principe. Identité, voiles, cacher/révéler… Encore une fois, silence, une seule intervention au montage: l’action est inversée, en continu. Cette inversion temporelle altère le réalisme des différents voiles, qui perdent leur relation à la gravité et prennent une valeur de symbole. Comme les gestes de la performeuse sont réguliers et répétitifs, très fluides, il en résulte une oeuvre formellement bien réussie, et porteuse de sens. En effet, la couleur, la transparence, la longueur et la « préciosité » relatives des différents voiles sont exacerbés, chacun devenant un indice de sens. Mais lequel? La relation entre identité et textile me questionne. Il n’en demeure pas moins que l’habit qualifie celui qui le porte…

Billet à suivre…