En revenant du Congrès…

Ah! Le plaisir du bus Québec-Montréal! C’est trop vite passé, quand on est plongé dans un bon livre… J’ai dû interrompre ma lecture au terminus, bien malgré moi. Et je n’ai pas pu m’empêcher de me replonger dans l’histoire pour connaître la fin dès que j’ai déposé mes bagages.
 Une écriture prenante, au style transparent. On oublie vite qu’on est plongé dans un livre pour vivre dans la peau de Jean-Pierre, le personnage principal. Le début du livre est excellent: la manière dont Jean-Pierre reprend conscience après sa perte de mémoire est écrite avec un dépouillement et un réalisme qui plongent le lecteur immédiatement derrière les yeux de cet homme qui ne sait plus, et qui découvre. Les relations entre les personnages sont très crédibles, les événements se suivent et s’emboitent sans laisser le temps au lecteur de se perdre ou de s’endormir!

Une écriture très visuelle: les descriptions précises, évocatrices, situent l’action avec juste assez de détail pour qu’on s’y transporte. Je retiens l’image de ces camions géants, stationnés devant une mine, dans la pénombre, mais surtout ce pont et cette rivière, si lumineux, au début du livre. Une écriture sonore aussi, quand j’y repense, et c’est sans doute la fille de cinéma en moi qui a remarqué ces détails, mais c’est vrai, ces sons en boucles, ces voix entêtantes… Une écriture cinématographique, donc. Pas dans un sens péjoratif, du tout, l’imaginaire c’est le cinéma intérieur, non?  

J’avoue que je ne connaissais de Champetier que La peau blanche (version cinéma), que j’avais trouvé correct mais que ma perspective féminine avait jugé un peu durement. Cette fois, je suis tombée sous le charme, surtout grâce à la profondeur du personnage principal et au style évocateur. J’imagine le film que sera RESET… et j’ai peur, car c’est toute l’intériorité du personnage qui m’a séduite. Le problème du cinéma est là tout entier: dans le point de vue. La caméra n’a pas accès à la pensée de l’humain, elle reste à la surface, et trop souvent, le fait d’être à l’extérieur du personnage nous empêche d’avoir accès à toute sa complexité: on reste à la surface, l’action défile… On ressent de l’empathie, mais à un autre degré d’identification que quand on vit une aventure de l’intérieur d’un personnage.

Bref, beaucoup de mots pour dire que c’est un très bon roman, divertissant, imaginatif, senti, complexe mais pas compliqué! Ce qui m’a poussée à écumer les rayons de ma bibliothèque préférée afin d’y emprunter d’autres Champetier, afin de me replonger dans son imaginaire dans les prochaines semaines. Il ne restait chez nous que Les sources de la magie, qui a l’air dans mes cordes de lectrice! (Tous ses autres romans étaient sortis, entre les mains de proies diverses, ce qui est pas mal, quand on voit l’offre de lecture sur les rayons!)

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Rencontres cinématographiques de Québec…

Sur le vif…

Rencontres cinématographiques de Québec: Speed dating: rapide, efficace. La glace est brisée, tout le monde est dans le même état fébrile de rencontre: on cherche à élargir son réseau, de part et d’autre. On connait de vue, on s’est croisé un jour où l’autre, et oui oui, on est encore en « business », et oui oui, on cherche du travail dans le milieu…
Une bonne idée, orientée production, à la manière actuelle, business, « right to the point ».
Comme un cheveu sur la soupe, carte d’affaire en main, je fais mon possible, comme tout le monde, en essayant de me convaincre que je suis une vraie.
À suivre!
Je crois quand même sincèrement que derrière une caméra, j’ai un oeil qui se démarque, et que je vaux bien n’importe quel caméraman. Non mais!