Machinations…

Je travaille sur Machinations ces temps-ci, et je néglige mon blogue.

J’aimerais avoir le temps de retravailler mon portfolio, il n’est pas optimal. En attendant, je prends des photos, je me familiarise avec mes outils sonores. J’essaie de ne pas oublier comment écrire, mais le temps me presse, et je n’arrive pas à le faire. Comme si tout passait avant. C’est étrange comme parfois, le plus important passe après le plus trivial.

Je suis entravée par les routines quotidiennes: ménage, école, leçons, enfants, travail… (rémunéré, j’entends) et mes plus grands désirs, mes plus grands rêves passent après, plus tard. Toujours plus tard. Et je vieillis et c’est plus tard. Je me couche le soir et je n’ai pas écris.

La tête pleine de mots, de sons, d’images. Je ne peux pas rester sur une case, je fais des bonds, puis je glisse sur les échelles, et je me retrouve au point de départ. Ou presque.

Advertisements

La vie et l’ordre

La vie m’emporte, et je n’écris pas, trop occupée à y mettre de l’ordre.
Organiser une carrière, une famille, une maison… Donner du temps aux amis, à la coop, au centre d’artiste… Mais quel temps reste-t-il pour moi, pour plonger en moi, dans le désordre de la chose écrite, l’univers illisible de ce qui reste à écrire?
Même écrire sur le blogue devient rarissime, tellement le temps me presse. M’arrêter. Penser.

Le gel

Remplacer le doute par l’action. Je n’élimine pas le doute mais je le remplis. Je le chasse à coup de réunions, de papillonnement d’un projet à l’autre, alors que je devrais juste m’arrêter et écrire. Mais j’ai peur… de trop plonger, de me laisser emporter, trop loin dans le délire, loin de la réalité, jusqu’au point de non-retour, où je serais hors d’atteinte du réel. Trop ancrée maintenant, le pieds tellement sur terre que je ne sais plus décoller…

Bulle d'hiver

Heureusement, j’arrive encore à voir des images. Des images m’emportent, mon oeil glisse et plonge et trouve, je m’émerveille derrière ma lentille et je me perds. Il était une fois redevient une formule magique, mais au lieu de mots des images naissent, des détails grossis, surnaturels.

Bulle

Des ombres se glissent, personnages en quête d’histoires, paroles en quête de musique. Ils me hantent, me troublent, mais je ne me laisse pas habiter par eux, trop pleine des gens qui m’habitent déjà. Compartimenter? Je suis tellement fragmentée, déjà! Fuir? Me cacher dans une grotte avec un cahier et écrire jusqu’à n’être qu’une suite de mots, ou une créature grotesque comme Aliénor…

Le voyage d'hiver

Aliénée… Oui, il y a quelque chose de la folie dans le geste, dans le désir ambitieux, dans la persévérance acharnée, phrase après phrase après phrase. Nostalgie d’être plongée dans un récit par moi écrit, confort du rêve et de la construction d’un monde, malgré le doute perpétuel. Tant qu’à douter, autant douter de manière constructive.

DSC_0882 - 2012-01-07 à 16-31-50
Tiens, je me laisse envelopper par cette créature hivernale, qui me tend les bras comme un enfant qui a besoin d’être bercé. Et je me berce et je balance, et du mouvement rythmé naît le mot, ou l’idée, ou la persistance du rêve…
Et comme résolution répétée, écrire.

Un polar suédois… et un voyage fantastique québécois!

Pour me détendre, je me suis laissée emporter par une histoire de meurtres et mystère.

image de la couverture

La maison en pain d’épices de Carin Gerhardsen propose une intrigue très bien menée, malgré les apparences simples. J’ai aimé l’ambiance nordique et le réalisme complexe des personnages. J’avais pris le livre sans trop regarder qui l’avait écrit, ni ce que ça racontait: je savais juste que c’était un polar suédois. Ça fait du bien de lire une histoire qui se déroule dans un pays nordique, il y a une parenté de territoire qui rend palpable les sensations des personnages dans leur décor. Un drôle de décalage se produit: les noms de rues, les moyens de transports sont exotiques, mais dans un climat familier. C’est comme l’inverse d’Hollywood, où les noms des rues et l’organisation sociale sont devenus familiers, mais dans un climat exotique…

J’ai beaucoup apprécié les relations établies entre les personnages: solitaires ou en couple, policiers et civils, victimes et bourreaux… Les juxtapositions donnent de la profondeur à chacun, par opposition. Par exemple, un policier marié depuis plusieurs années, père de famille, qui met le travail de côté quelques heures pour donner un répit à sa femme; un policier d’origine libanaise qui cache sa vie privée et souffre en silence des blagues « amicales » de ses collègues; des enfants qui se liguent pour en exclure un autre, différent. Sous-jacentes, affleure une personnalité féminine (féministe? 😉 ), un point de vue féminin en tout cas: l’importance de la famille et du réseau social, la protection de l’enfant, l’équilibre des rôles dans un couple. On est loin de Sherlock Holmes, Hercule Poirot… et même de Maud Graham, pourtant femme. Question d’un certain réalisme exotique, je suppose.

page couverture de AlyssJuste avant, j’ai lu Alyss, de Sénécal, d’où le contraste. Le réalisme ici dérape, plonge dans l’abîme, dans l’abysse. Ah! Quel beau canevas que l’histoire d’Alice! Et on joue à trouver les correspondances de personnages, de situations. Délicieux!
Je viens juste de découvrir qu’il y a une web série sur le personnage de la Reine Rouge. Intriguant. Podz réalise quelques épisodes… Pour 5$ la série complète, je crois que je vais aller visionner ça.

Reine Rouge.tv