Soirée au CUBE Techno-culture

La Chambre Blanche tenait hier un 5 à 7 Techno-culture / financement… Très intéressante formule, qui permettait de découvrir le travail de Claudio Bueno, l’artiste en résidence ce mois-ci, et en plus le travail d’une entreprise en nouvelles technologies,  Spatialytics Solutions inc.

J’ai bien hâte de pouvoir entendre le monument que prépare Claudio, l’oeuvre m’interpelle tant par son procédé que par son thème: l’histoire des femmes oubliées, opératrices radio durant les guerres de 14-18 et 39-45. Réalité augmentée: en me promenant, je découvre l’histoire de mon quartier, j’ai accès à des anecdotes vécues ici. Des traces, dépoussiérées, remises à jour, de ce qui a été. Des indices d’une chasse au savoir, mais un savoir partiel, réservé à ceux qui possèdent la technologie et la maîtrisent. Est-ce que le téléphone intelligent rejoint une si grande part de la population? Deux forme d’alphabétisation: la lecture par le livre, et la lecture par la technologie. Compléments ou concurrents?

C’est dans l’air actuel, dans l’art du temps, la machine humaine comptée, statistifiée, carte à modeler comme base d’autres plans, couche de sens après couche de sens.

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La tournée brésilienne!

J’ai profité du beau vendredi pour faire la tournée des centres d’artistes… Je suis passée d’abord à La Chambre Blanche.
eau de conscienceL’oeuvre Eau de conscience tranquille m’a particulièrement interpelée… Une oeuvre ironique et très léchée, avec possibilité de tester le produit en question, une eau qui nettoie la conscience et élimine le stress. La publicité, alléchante, fait sourire. J’aime ces oeuvres-idées, qui jouent avec les images publicitaires et les valeurs abstraites humaines. On nous vend un concept impossible, de la magie, une réflexion! Le marketing de la conscience… À la fois esthétique et poétique!
Pour des images des vernissages des artistes brésiliens invités à Québec, cliquez ici!

Installation inspirante!

Le long de la 20 en passant par la 15
de Jonathan Villeneuve, à la Chambre Blanche

Faire la Vague from Perte de Signal on Vimeo.

Mouvement, son, lumière: tout se conjugue avec un bel équilibre dans cette installation. D’emblée, la pièce est sombre, emplie de son de grincements, avec une projection vidéo de petit format au fond, qui présente un jouet d’enfant à manivelle en bois, avec des petits bateaux qui montent et descendent au rythme du mécanisme. Quand on s’approche de la projection, un détecteur de mouvement déclenche l’ouverture des lumières. Instant magique! Les 2X4 bruts prennent vie. Le faux mur devient une barrière mouvante, un décor de cinéma, une représentation.

Les longues planches forment une vague sonore donc chaque craquement, chaque crissement possède à la fois individualité et similitude. Une harmonie forte s’en dégage: c’est une musique de bois, vivante, comme les murs ou les planchers d’une vieille maison.

Mouvement De Masse from Perte de Signal on Vimeo.

À travers les planches, un puissant éclairage au néon révèle un champs de roseaux agités par un vent silencieux. Cet éclairage très brutal donne une impression d’altérité forte: voyage, paysage entraperçu par la fenêtre d’une voiture ou d’un autobus, cliché pris sur le vif, sans balance des blancs. La juxtaposition des mouvements horizontaux des roseaux et verticaux des planches de l' »instrument de bois » s’interpellent et se répondent avec une forte résonance, et l’impressions qu’on ressent quand on y baigne est très forte: mélange de nostalgie, d’impressions de voyage, bercement, retour aux sources…

Les mécanismes laissés à voir ajoutent au plaisir de découvrir l’oeuvre et de s’approprier le « comment »… Mais bien dosé: du coté vague, on est dans le voyage, et du coté roseau, on est dans l’envers du décor.

La petite vidéo qui document l’inspiration de la vague, celle qui nous attire en début de jeu, n’ajoute finalement qu’un petit peu: l’idée de l’eau, du navire, de l’ancrage en port de mer… Mais ce n’est pas ce qui fait la force de l’installation, c’est plutôt comme un petit détour, une phrase à coté, anecdotique. Bien plus faible finalement que l’immense instrument de bois, et le champs de roseaux mouvants qui emplissent la galerie et transportent le spectateur dans un autre lieu, une autre temps, un autre état d’être.

Bravo donc à Jonathan et à la Chambre Blanche!

…jusqu’au 17 avril!