Temps réel… temps manipulé!

NASA – The Big Picture Wins Big.

Fascinant de voir la quantité d’avions dans le ciel américain! Une pluie d’étoiles permanente, suivie à la minute et au mètre près par un logiciel de modélisation…

J’aimerais bien incruster la vidéo, mais je n’y arrive pas.

Les avions volent comme des mouches au dessus des États-Unis, ils se déploient en bandes vers l’Europe… Le trafic augmente avec le jour qui se lève, puis décline la nuit venue. C’est très beau, ces animations/pixillations… Le temps qui passe à la vitesse de l’éclair nous donne la perspective de la lune qui regarde la terre avec ses petits humains qui s’agitent, là, à sa surface.

Vus à cette distance, les avions deviennent des insectes, organiques plutôt que machines. L’interface noire avec les traits jaunes, roses ou rouges, artificiellement et aléatoirement attribués, donnent une qualité très esthétique à tous ces mouvements, tous ces voyages entremêlés.

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Gravir

Une lente montée, entrecoupée de pauses, autant pour admirer le paysage (se laisser ravir), que pour récupérer des forces (convertir le repos en énergie).

Chaîne du Tien Shang vue par la Station Spatiale Internationale
Chaîne du Tien Shang vue par la Station Spatiale Internationale

Traverser des passes étroites, de lourds paquets sur le dos, toutes ses possessions en fait. De lourds manteaux, enfilés les uns sur les autres. Des bottes rendues humides par la marche dans la neige, les vêtements de corps collés à la peau par la sueur. Mélange des sensations: entre le froid externe et la chaleur du mouvement. Convertir cette différence de température en énergie, mais comment?

Faire d’étranges rencontres en cours de route. Une meute de loups, attirée par la nourriture. Un vieil ermite, fou de solitude, redevenu sauvage à force de ne rencontrer personne. D’autres familles déplacées, réfugiés anonymes, désirant demeurer invisibles.

Et dans le ciel, les astres reprennent ces mouvances glacées; faibles échos ou guides célestes? Lever la tête en montagne, et toucher les étoiles pour mieux les interroger. Âmes des disparus, avez-vous trouvé refuge là-haut? Ou bien toutes ces lumières ne sont que des objets quantiques en réaction les uns aux autres?

Saturne vue par Hubble
Saturne vue par Hubble

Tendre la main et gravir le ciel jusqu’à sortir de Terre, jusqu’à s’extirper du monde. Escalader sans effort toute l’atmosphère. Être aspirée par cette matière étrange, innommable, qui sépare les étoiles et les galaxies. Habiter Saturne, entrer au coeur de sa substance volatile mais dense et redescendre. Retrouver ce corps qui reprend son souffle. Mais en même temps demeurer là, écartelée entre deux mondes, et ne plus savoir.

Images de la NASA

Des astres et d’autres…

Phobos et Déimos
Phobos et Déimos (NASA)

Deux lunes traversent le ciel.
Dans le monde de high fantasy de Guy Gavriel Kay, il y a deux lunes: Vidonne (la blanche) et Ilarion (la bleue). J’ai toujours aimé cette idée des deux lunes, chacune ayant son ascendant sur les humains, leurs croyances et les puissances en place (de quelque nature qu’elles soient).

Je ne sais pas si Phobos et Déimos ont des couleurs, mais comme elles portent les noms de Peur et de Terreur, leur influence céleste semble néfaste. Elles se suivent, jumelles, rapides, difformes: deux naines qui grugent le ciel, sorcières peut-être? Me voilà étendue dans la poussière rouge, à guetter leur passage, et à rêver.